Un week-end tant attendu et tant redouté arrive enfin. Une revanche sur l'année dernière où nous n'avons malheureusement pas pris le depart.
Nous arrivons le samedi, pour prendre le temps. Après un petit pique-nique au soleil, au lac de Mormoiron, nous allons chercher nos dossards, et mûri un bon projet pour cette année... à suivre... dossards récupérés, nous montons le mythique géant. Bloqués à la barrière du chalet Reynard, nous partons à pied en direction du sommet. Des grosses rafales de vent nous rafraîchissent, et surtout nous décoiffent... enfin... vous m'avez comprise...
Après un bon repas, et une très bonne nuit (mais trop courte...) direction l'aire de depart.
Un bon millier de traileurs s'amasse sur la petite place de Bédoin, le brief commence, et annonce une surprise au 3eme km... sacrée surprise... 😱 puis annonce d'un vent à 120km/h au sommet et des températures négatives.
C'est parti pour David, au programme 46km, et 2400 de D+. Courage et rdv dans quelques heures !
Un bisou et go
Puis... je m'installe à mon tour...
Pour moi, le depart est lancé à 9h15, en même temps que le 15km. Mais pour moi, ce sera 26km et 1200 de D+... j'ai la trouille depuis des mois, car c'est une distance que je n'ai jamais faite, et je connais les types de chemins et cailloux difficiles du Ventoux.
Le départ est donné, plutôt roulant au début, mais je sais qu'il ne faut pas partir trop vite, car j'ai de la distance à gérer... puis on arrive rapidement dans "la surprise" du 3eme km... un long passage dans les sables, difficiles à courir, un bouchon se forme, de grosses montées ou le sable glisse sous nos pieds, du sable qui rentre dans nos chaussures... bref un long moment qu'on n'est pas mécontent de terminer.
Le soleil est là il nous réchauffe vraiment, et le vent nous rafraîchit juste à souhait, une météo idéale ! Et la chaleur fait ressortir une bonne odeur de pins... ça sent les vacances.
La 1ère moitié de course est essentiellement de la montée, je gère plutôt bien, à mon rythme et en buvant régulièrement car la chaleur et le vent nous déshydratent sournoisement...
je regarde ma montre... déjà 8km, je me dis chouette, plus que 5km avant la mi course... et plus que 18km avant l'arr.... euh non... plus que 5 avant la mi course!!
À certains détours de chemin, on tombe sur de magnifiques point de vue, où des wahou sortent de toutes les bouches...
Puis parfois des arrêts nets dûs a des bouchons, où le coureur derrière moi me pousse dans le décor car pas pu freiner à temps, heureusement il m'a retenu...
Plus loin, dans des montées un peu difficiles, un coureur est tombé et s'est rattrapé sur mon pied, je suis partie en arrière... mais rattrapée ... c'est quoi ces gars qui te font des misères ...?
J'arrive enfin au ravito du 14eme km ... cela fait quelques km que je rêve d'un bon coca bien frais... et là pas de coca... je me rabats sur un verre de St yorre et quelques carrés de chocolat... que je mange en courrant un peu... les bénévoles nous annoncent 1km de montée puis plus que de la descente... Go, le plus dur est fait... ou pas...
3 bons km plus loin, un bénévole nous dit qu'il resté essentiellement de la descente... Mouai... je compte donc qu'il reste 9km de descente, que j'ai 3h de course dans les pattes, et que mon objectif de 4h (à 4h30) est encore possible !
(Je suis contente de voir que les entraînements difficiles payent et que je me sens plutôt bien...!)
Mais c'est sans compter sur une descente presque plus difficile que la montée ! Une majorité de caillasses pas très courables, idéales pour se tordre les pieds ou pire tomber. Je ralentis à mon gros désespoir, mais je me rattrape de plusieurs chutes, dont la plus "belle", ou je finis dans les bras d'un randonneur... ouf... plus loin je croise une fille avec le pied bandé, escortée par un militaire... pas mal de blessures à priori.
Moi je gère toujours la distance même si la fatigue grandit, et surtout mon éternelle douleur au pied qui se fait de plus en plus présente.
Plus loin les cailloux très casse gueule laissent enfin place à des singles en terre comme je les aime, en sous bois, mais la fatigue et la douleur m'empêchent de profiter comme je le voudrais. Je m'accroche, je sais que je vais arriver au bout, même si mon timing ne sera pas tenu.. en fin de course, les parcours de rejoignent et les coureurs du 46 km nous doublent, toujours avec un petit mot sympa. Objectif, que David ne me double pas... le public est de plus en plus présent, les encouragements font toujours du bien au moral ! Puis je vois au loin un tunnel, qu'il faut passer certes sur les pieds mais bien recroquevillé... une épreuve pour les cuisses !! A la sortie, on entend le micro de l'arrivée, mais un nouveau gros talus se profile, mais pourquoi ce détour alors qu'on est à côté ?? Bref on suit la rubalise, on serre les dents et enfin dernière ligne droite ! L'arche est là ! Je l'ai fait !!!!
Un 458 eme place au scratch, et 4h39 au chrono ! Je suis ravie et fière !
Est ce que j'ai souffert ? Oui...
est ce que je vais recommencer ? Évidemment !...
pourquoi je cours ? Pour tout ce que ça m'apporte, et je continuerai tant que mon plaisir sera plus fort que ma douleur !
David est arrivé peu après moi.
Nous sommes cassés... mais heureux !
Un Super week end pour nous, et pour les filles qui ont pu profiter à fond de la famille, et veulent déjà revenir !
Un bon résumé des courses... en général ! 😋
Rdv dans quelques semaines... pour encore plus long... oui ... je sais ... 😱😍